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accord du verbe au pluriel

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accord du verbe au pluriel
Jean-François, 2002-08-14 18:35:02
Demat deoc'h,

Dans les points de grammaires du site, on peut lire :

L'accord du verbe avec le pluriel ne se fait pas à tous les coups ! Il n'y a accord :

1/ Qu'a la forme négative,
2/ et si le sujet est placé avant le verbe.

Mais alors comment peut-on écrire :

- Pe liv int ?

"int" est bien le pluriel de "eo" et cette phrase n'est pas négative.

Pourquoi n'écrit-on pas :

- Pe liv eo ?

Merci d'avances pour vos réponses.

Kenavo.

Re: accord du verbe au pluriel
Forum Master (RT), 2002-08-14 18:51:22
La phrase exacte parle de l'accord avec le SUJET PLURIEL (et non pas avec le pluriel), c'est à dire que celui-ci est exprimé.

Dans "pe liv int ?", le sujet n'est pas exprimé, contrairement à "pe liv eo al levrioù ?"

Cordialement,

Re: accord du verbe au pluriel
Steve, 2002-08-19 15:52:24
Bonjour Jean-François,

Il ne faut pas confondre l'accord d'un sujet nominal pluriel avec le verbe - effectivement seulement au négatif avec un sujet pré-verbal (accord sujet) - et l'inclusion d'un sujet pronominal post-verbal dans la désinence du temps (inclusion sujet):

bras eo an ti (absence d'accord sujet)
bras eo an tier (absence d'accord sujet)

bras [eo eñv/hi] > bras eo (inclusion sujet)
bras [eo int] > bras int (inclusion sujet)

gweled a ra an den (absence d'accord sujet)
gweled a ra an dud (absence d'accord sujet)

ne wel ked an den (absence d'accord sujet)
ne wel ken an dud (absence d'accord sujet)

an den a wel (absence d'accord sujet)
an dud a wel (absence d'accord sujet)

an den ne wel ked (accord sujet)
an dud ne welont ked (accord sujet)

gweled a [ra eñv/hi] > ra (inclusion sujet)
gweled a [ra int] > reont (inclusion sujet)

Chañs vad,

Steve

Re: accord du verbe au pluriel
Alan ar Gall, 2002-08-29 13:12:57
Je préfère dire qu’il n’y a jamais d’accord entre le sujet et le verbe en breton mais qu’il y a intégration du sujet au verbe par une marque de personne dans la désinence quand le sujet n’est pas exprimé dans la proposition.

L’exemple :
> an dud ne welont ked
semble être une exception à deux règles :
(A) le verbe ne porte pas la marque de personne lorsque le sujet est exprimé dans la proposition ;
(B) les propositions négatives commencent par la négation.

En général je n’aime pas les exceptions et je préfère les règles générales (peut-être pour des raisons philosophiques).

Prenons trois exemples avec leurs traductions :
(1) N’eo ket lous ar moc’h – Les cochons ne sont pas sales.
(2) Ar moc’h, n’int ket lous – Les cochons, i(ls ne) sont pas sales.
(3) N’int ket lous, ar moc’h – I(ls ne) sont pas sales, les cochons.

Le premier exemple est "académique". Il s’entend dans le langage parlé, et correspond à ce qui est généralement utilisé à l’écrit.

Le deuxième exemple est du domaine du langage parlé, aussi bien en breton qu’en français. Alors qu’il régulièrement décrit dans les manuels et grammaires bretons je ne l’ai jamais vu dans leurs équivalents scolaires français bien qu’il soit tout autant utilisé en français parlé qu’en breton.

Cette façon d’extraire le thème (ici le sujet) de la proposition pour le mettre à part (ici en début de phrase) est nommée "thématisation (du sujet)" par certains linguistes. J’aime beaucoup l’exemple :
"Mon père, sa voiture, le moteur, i(l ne) marche pas". Ici tout est thématisé et la proposition en elle-même est réduite à sa forme la plus courte.

C’est ainsi que fonctionne le langage des sourds-muets : pour exprimer l’exemple classique des grammaires françaises "Le chat mange la souris", ils vont d’abord faire un signe pour le chat, puis un signe pour la souris, et enfin le signe pour manger.

J’aurais donc écrit l’exemple de Steeve avec une virgule :
"an dud, ne welont ket"
pour montrer qu’il y a thématisation de "an dud" et que la proposition commence après la virgule. Aucune des deux règles (A) et (B) n’est alors violée par cet exemple. Le sujet n’est pas exprimé dans la proposition et le verbe porte donc la marque de personne, et la proposition commence par la négation.

En ce qui concerne le troisième exemple, j’ai entendu des phrases de ce type chez de jeunes bretonnants. Il s’agit d’une thématisation du sujet en fin de phrase. Je pense qu’ils disent "N’int ket lous" en pensant aux cochons, puis se rendant compte qu’ils ne seront peut-être pas compris par leurs interlocuteurs, ils précisent : "ar moc’h".
Le français de ma voisine fonctionne beaucoup sur ce modèle "Il est où, Sébastien ?"

La tendance à l’oral est de faire des phrases très courtes (ce n’est pas nouveau). Cela permet sans doute de passer plus rapidement des idées à la parole lorsque ce que l’on veut exprimer est simple.
Je pense qu’il est préférable d’utiliser des énoncés de type (1) à l’écrit, aussi bien en français qu’en breton, à moins de vouloir être un nouvel Emile Ajar (nom de plume) dont je suis d’ailleurs un inconditionnel.

A galon
Alan ar Gall

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