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emprunts au français

2001-2002
emprunts au français
Paol, 2002-03-15 14:07:40
Bon, je tiens avant tout à signaler que le sujet qui suit prête à polémique, alors que chacun expose ses arguments calmement et sans...hem...degommer son prochain parce qu'il n'a pas le même avis. Que pensez vous, chers camrades bretonnants, de la dignité des emplois au français que l'on retrouve dans le breton ? A une époque (et peut être encore aujourd'hui, je ne me mouille pas) certains ont voulu expurger la langue de ce type d'emprunt, pour creer des néologismes au racines pseudo-ancestrales et pouvant parfois donner lieu à des confusions...même en dehors de ce problème eventuel, qui est somme toute assez rare, je considère personnellemnt qu'une langue doit être avant tout crée par l'usage, ce qui signifie presque forcément pour une langue minoritaire occultée par les médias un emprunt à la grande langue de civilisation qu'elle côtoie. C'est pourquoi je considère que le breton n'a pas à rougir de ce type de mot et j'attend vos réactions sur ce thème. a galon

Re: emprunts au français
jean-louis, 2002-03-18 12:44:30
Une langue vivante, c'est une langue capable de créer des mots nouveaux adaptés à la modernité à partir de ses racines propres. Par exemple, c'est dommage que des bretonnants disent "an telefon" ou " an television" alors qu'ils pourraient dire " ar pellgomz" ou " ar skinwel".

A galon
Jean-Louis

Re: emprunts au français
gil, 2002-03-18 16:48:33
"telefon " o le vilain mots que voila . suivant cette logique inventont un mots breton pour "kouskous" "paela"

Re: emprunts au français
Dom, 2002-03-21 14:18:44
kouskous = kig ha fars ?
paela = rata ?

Re: emprunts au français
Gwenael, 2002-03-21 22:27:55
S'il vous plaît, écrivez paella avec -ll- et prononcez "paeilha" avec un -ilh- comme on en entendait encore du temps de l'ALBB (je vous parle d'avant la Grande Guerre, mais, certes, je n'étais pas né ;-)
Et le kig ha farz et le couscous, ce n'est pas la même chose! N'insultez ni les Léonards ni les Nord africains ! ;-)
A wir galon.
Gwenael E.

Re: emprunts au français
Stéphane., 2002-03-19 10:24:01
Salut.

Encore un sujet polémique ! :-)
J'ai rencontré ce sujet universel dans le monde de la linguistique dans bien des milieux : bretonnant (face au francais), français (face à l'anglais) et anglais (face à l'américain ou le français), et chaque fois la polémique est la même les laxistes et les Toubon n'arrivent jamais à ce mettre d'accord. Toutefois, ce que j'ai remarqué, c'est qu'une langue n'appartient jamais aux académistes et autres intellectuels de tous poils, mais au peuple qui la parle. Ainsi, malgré toutes les bonnes (?) intentions de Toubon, les anglicismes continuent à infiltrer la langue française.

Personnellement, il y a encore un an, quand je commençais à apprendre le breton, tout pétri de bonnes intentions je me faisait un plaisir d'utiliser les mots "skinwel", "skingomz", "pellgomz", "karr-tan"... jusqu'à ce que je me rende compte que je n'étais pas toujours compris par les bretonnants natifs (surtout les vieux) et que parfois même, on se foutait de ma gu... J'ai donc décidé en toute logique de faire en breton comme en français : adapter mon langage à mes interlocoteurs, sans avoir honte des mots étrangers, surtout quand ceux-ci sont mieux adapter que les expressions locales crées pour les remplacer. Ainsi, pour le français, je préfère dire "download" et "upload", et les verbes bizards qui en découlent "downloader" et "uploader" que "téléchargement descendant", "téléchargement montant", "télécharger en descendant" et "télécharger en montant". Par contre je n'ai aucune idée de ce que cela peut donner en breton. Je vais voir de ce pas sur le site donné plus haut...

J'en viens. Voici quelques remarques :
- "ezkargañ" ("download" et "upload") ne traduit pas non plus le sens du téléchargement.
- "kasour" (webmaster) veux aussi dire "animateur". Aussi, si je répond "Kasour on." on peux croire que je suis GO au club med :-).
- "webdesigner" ou "infographiste" n'existe pas, mais j'imagine qu'ils serait assez facile à créer.
- Quant à "Cross-média designer" j'ose même pas le rêver ;-)

Stéphane.

Re: emprunts au français
Romuald Texier, 2002-03-21 18:53:29
Une petite précision toutefois :

ezkargañ signifie upload
enkargañ signifie download
Les préfixes en- et ez- sous tout à fait courant en breton.

Re: emprunts au français
Stéphane, 2002-03-22 08:47:58
Oui, désolé, j'avais mal lu. Cela me convient donc mieux :-)

Stéphane.

Re: emprunts au français
Dom, 2002-03-21 13:35:27
pour moi, les emprunts au francais dans le vocabulaire sont une chose; je suis assez d'accord avec le message de Gwenael qui , pour moi, résume bien la chose .

Ce qui me gene énormément , c'est plutot la syntaxe utilisée dans le style francais, où je ne comprends parfois plus rien.

exemple :
nan, trugarez, (non, merci)

ou :
da netra (de rien)

je fais des bons lorsque j'entends cà!
en breton, ce genre de traduction devient tres lourd. J'aurais tendance à dire que dans ces exemples, on ne remercie pas en breton ; ou alors sur le ton de l'humour, de la vulgarité, ...

me trompe je ?

Re: emprunts au français
Gwenael, 2002-03-21 13:46:25
Dom a écrit:
> exemple :
> nan, trugarez, (non, merci)
>
> ou :
> da netra (de rien)
----------
Je me souviens des commentaires sur le fameux "Nukleel nann trugarez" . A l'époque où nous étions tous contre le nucléaire, nous étions quelques uns à penser que "n'am bo ket" ('mo ket) aurait été plus correct.
Quant à "da netra", j'avais entendu (par un locuteur natif) "da vann" mais cela peut être aussi un calque du français.
A wir galon.
Gwenael E.

Re: emprunts au français
Dom, 2002-03-21 14:17:21
"da vann" pour moi, me convient tres bien ;
d'ailleurs , je le note.

Re: emprunts au français
Stéphane, 2002-03-22 09:27:01
Dom a écris:

> Ce qui me gene énormément , c'est plutot la syntaxe utilisée
> dans le style francais, où je ne comprends parfois plus rien.
>
> exemple :
> nan, trugarez, (non, merci)
>
> ou :
> da netra (de rien)

Là on entre dans une considération particulière. Il est vrai qu'apprendre une langue ne se limite pas connaître le vocabulaire et la grammaire, il y a aussi la culture, le mode de pensée (qui souvent est lié à la langue, chacun influençant l'autre) et donc aussi la politesse. Toutefois ces notions sont souvent loin d'être la priorité pour un néobretonnant ; on ne peut tout apprendre en 2 heures par semaines. Aussi ceux-ci (dont je fais partie) ont tendance à utiliser l'esprit qui est le leur et à le traduire tel quel pour communiquer en breton. Ainsi cherche-t'on à transcrire nos habitudes verbales. C'est certainement ridicule pour un bretonnant natif et dommageable pour une langue qui compte sur ces néobretonnants pour survivre (cf. "demat", calqué du français, qui n'existait plus, en breton depuis le 17e siècle je crois) mais on ne peut mettre la charrue avant les boeufs. L'apprentissage des expressions, du mode de penser et de communiquer, de la politesse et des normes lingustiques sociales ne peut se faire qu'apès l'acquisition de bonnes bases.

En ce qui concerne le "Non merci", sachant qu'il ne se dit pas, je me tais donc. Mais c'est toujours "douloureux" de réfreiner 20 ans d'éducation à la française !

Et en ce qui concerne le "De rien", j'utilise "Mann 'bet" mentionné par une bretonnante native (centre bretagne, mais je ne sai plus d'où exactement). J'ai tort ?

Stéphane.

Re: emprunts au français
Dom, 2002-03-22 12:07:55
je ne connais pas le contexte;
personnellement je traduirais "mann 'bet" par :
"rien de plus" ou qqe chose comme cà.

Re: emprunts au français
Gwenael, 2002-03-15 22:46:08
Sur cette question voici résumé mon point de vue:
1.les emprunts au français attestés en breton depuis fort longtemps, depuis l'époque où le breton était la seule langue de presque tous les Bas Bretons, sont des mots bretons à part entière.
2.Les emprunts récents faits par les locuteurs bilingues ou plutot diglossiques, désignant des objets ou concepts récents doivent être remplacés si possible par des néologismes bretons forgés sur le vieux breton ou le gallois, ou par des mots restés vivants dans certains dialectes.
3. les mots internationaux, en gros ce qui se dit presque de la meme façon en français, anglais, russe, allemand et espagnol peuvent aussi être pour la plupart adaptés en breton.
A wir galon.
Gwenael E.

Re: emprunts au français
Gwenole, 2002-07-01 20:15:30
Tout a fait d'accord avec la seconde apportation à ce débat de Gwenael que je colle pour mémoire:
"Sur cette question voici résumé mon point de vue:
1.les emprunts au français attestés en breton depuis fort longtemps, depuis l'époque où le breton était la seule langue de presque tous les Bas Bretons, sont des mots bretons à part entière.
2.Les emprunts récents faits par les locuteurs bilingues ou plutot diglossiques, désignant des objets ou concepts récents doivent être remplacés si possible par des néologismes bretons forgés sur le vieux breton ou le gallois, ou par des mots restés vivants dans certains dialectes.
3. les mots internationaux, en gros ce qui se dit presque de la meme façon en français, anglais, russe, allemand et espagnol peuvent aussi être pour la plupart adaptés en breton."
Quelques remarques et commentaires:
1/. L'anglais médiéval a connu une période similaire à celle du breton, cad la pénétration de vocabulaire roman. Un mot tel que "shop" (vieux français= "échoppe") est aussi anglais que "spontus" est breton (vieux français= ?, italien = spaventoso, catalan= espantós).
2/. La situation actuelle du breton est différente mais non unique. "L'estandardisation du tchèque se base sur la différenciation absolute vis a vis des langues voisines. Une communauté linguistique petite ne peut se maintenir comme communité linguistiquement differenciee que si elle accentue tous les traits qui la differencie des langues avec lesquelles elle se trouve en contact. Le slogan est alors "marquer la différence" (Bernat Joan i Mari).
=> il est donc logique et souhaitable de substituer les barbarismes qui conduisent à la dissolution du breton dans le français par des néologismes, à la condition que ceux-ci soient assimilables dans la langue courante. "Telefon" peut être considéré comme un néologisme grec amplement accepté internationalement (donc pourquoi pas en breton), mais l'alternative néologiste "pellgomz" est légitime car facilement assimilable. La notion de standardisation doit être ferme dans ses principes mais souple et réaliste dans son application, et toujours libérale et jamais coercitive.
3/. Il est légitime d'adapter les néologismes internationaux adaptés en breton, mais je pense qu'il souhaitable de développer en Bretagne une tradition propre d'enseignement des matières techniques et scientifiques directement en anglais.

Re: emprunts au français
Eric K, 2002-03-17 14:12:25
Salud d’an holl,

Je pense que le propre d’une langue qui évolue est de savoir faire des emprunts judicieux aux autres langues. Encore faut-il que ces emprunts soient, justement, judicieux.

Prenons exemple de ce qui se passe dans le domaine de la technique et, plus particulièrement, de l’informatique (Ce sont là plutôt les termes anglo-saxons dont il sera question, bien sûr).
Bien que des termes francophones comme « graticiel » et « partagiciel » existent, ceux-ci ne sont jamais employés et l’on entendra toujours parler de freeware et de shareware. De même, en breton, devrons-nous employer « ur freeware » et « ur shareware » ou créer des noms à racine celtique ?
Autre exemple significatif, vu que l’expression « forwarder un e-mail » semble en français en passe de supplanter l’expression « faire suivre un courrier électronique », devrons-nous en breton adopter une expression du style « forwardañ un e-mail » ?

Bien entendu, les exemples de ce style ne manquent pas.

Pur ma part, ma préférence irait plutôt aux racines celtiques (je préfère par exemple parler de « sturegor » plutôt que de « cyberspace »). Ceci ne veut pas dire que je rejette les emprunts aux français et à l’anglais, mais subir un tel déferlement des termes anglo-saxons dans le domaine de la technique est-il judicieux ?

A galon.

PS : la page http://www.breizh.net/bzhg/mahtml.htm propose « netrant » pour « freeware » et eskemmant pour « shareware ».

Re: emprunts au français
Eliboubana, 2002-04-05 11:37:36
"Mann ebet", paotr, zo evel "netra", ha mat pell zo!

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