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qui peut aider une autrichienne?

1999-2001
qui peut aider une autrichienne?
karin, 2000-02-06 17:09:01
je suis autrichienne, étudiante de francais à l'université de salzburg.
le mois de février je dois ecrire un travail sur les influences du breton sur le francais. je ne trouve pas assez de littérature - y-a-t-il quelqu'un entre vous qui puisse m'aider?
merci
karin

RE: qui peut aider une autrichienne?
Gwenael, 2000-02-06 21:05:56
Aider une autrichienne? Certes, oui, d'autant plus que bien à tort certains veulent vous mettre en quarantaine. Mais ici c'est Kervarker et non soc.culture.breton, donc parlons langue et rien d'autre. Influence du breton sur le français? Vous ne vouliez pas plutot dire l'inverse? Notre pauvre langue dominée, minorisée, martyrisée a peu influencé le français (à part menhir, dolmen, cromlech, balai, etc.) sauf évidemment en Basse-Bretagne où les gens parlent (et surtout patlaient) un français très teinté de breton (syntaxe, cocabulaire). précisez votre demande et j'essaierai de donner des éléments de réponse.

RE: qui peut aider une autrichienne?
Mo, 2000-02-08 01:09:58

Ah, non, menhir, cromlech etc. ce ne sont que des traductions assez ignorantes faites un bon jour par des Gallaoued....

Il y a "baragouin/-age/-er/-eur,
plus de chance? Je ne crois pas....

Pas facile ta question, Karin!...

"goéland" peut-être....
Alô les spécialistes, ce thème n'est pas mal, hein?

Mo

RE: qui peut aider une autrichienne?
Jean-Francois Burlot, 2000-02-08 12:57:10
"menhir" et "dolmen" sont des créations "romantiques" du début du 19e siècle.
"cromlech" viendrait plutôt du gallois via l'anglais.
Voir le "Dictionnaire historique de la langue française (Ed. Le Robert)" pour plus de détails.
Nota :
Le mot "bredouiller" vient probablement de "bretter", "bretonner" : parler comme un breton.
L'occitan a "bretonar / bretonejar" : bafouiller, bredouiller.
Tout ceci remonte au moyen age.
Quant à "baragouin", il remonte au 16e siècle et non, comme on pourrait le penser à l'émigration bretonne récente.
Le breton semble donc avoir été pour les français et les occitans, dès le moyen age, l'archétype de celui qui parle un langage incompréhensible.

Trad (uction) !
RV, 2000-02-11 14:01:19
J'ai rencontré une fan de culture bretonne au concert de la St Patrick à Paris Bercy. Elle est devenue mon amie et aujourd'hui m'écrit en Breton ! (elle qui vient de l'est ...) Or je ne suis pas bretonnant mais en bon Breton je dois essayer de relever le défi. Quelqu'un peut-il m'aider à traduire ceci:
"Setù aman ar letrenn evid lared (que) sonjal did. Mad é an traou. Hirio oeit an ober ski. Héol; kalz erh: Dreist-ijineg !!!
Bokig da Cécile.
Dies é shriù (en) brezhoneg !!
Dalhet mad. Bokig braz ... Florence."

RE: Trad (uction) !
Gwenael, 2000-02-11 19:47:40


RV a écrit:
-------------------------------
"Setù aman ar letrenn evid lared (que) sonjal did. Mad é an traou. Hirio oeit an ober ski. Héol; kalz erh: Dreist-ijineg !!!
Bokig da Cécile.
Dies é shriù (en) brezhoneg !!
Dalhet mad. Bokig braz ... Florence."

"Setu amañ ul lizher evit laret e soñjan ennout= voici une lettre pour te dire que je pense à toi. / Mat eo an traoù = Tout va bien. /Hirio on aet d'ober ski = aujourd'hui je suis allée faire du ski. / Heol= soleil/kalz erc'h= beaucoup de neige. / Dreist-ijinek= super génial / Pokig da C. = bisou à C. / Diaes eo skrivañ e brezhoneg = c'est difficile d'écrire en breton./ Dalc'hit mat= tenez bon, bonne chance, etc. /Pok bras = grosse bise.

D'où est-elle Florence? Vous dites l'est, l'est de quoi (Bretagne, Hexagone, Europe?). Son breton, bien qu'encore maladroit (j'ai corrigé)tient un peu du vannetais,me semble-t-il.
J'espère vous avoir été utile.
A g@lon,
Gwenael

RE: qui peut aider une autrichienne?
Emmanuel Castro, 2000-03-10 14:32:56
Je pense pas que le breton ai vraiment influencer le français. Cependant on peut se demander ce qui fait que le français bien qu'issu du latin, en est plus éloigné que l'italien ou l'espagnol.

On peut y voir une influence du breton, j'y verai plus une influence de la langue celtique parlée en Gaule il y a deux mille ans, qui formé une latin gallo-romain, puis le français. Le breton moderne pouvant servir de plus proche source pour immaginer les langues celtiques gauloises.

On peu y voir une influence des langues germaniques (invasion franque), notamment pour l'apparition systématique des pronoms personnel pour les conjugaisons, ce qui n'existe pas dans les langues latines, ni dans le breton (les autres langues celtique, je ne sais pas).

On peu se demander d'où vient la double négation en français, présente en breton.

Pourquoi dit on Quatre-vingt au lieu de Huitante ? Influence celtique possible (voir si le phénomène existe dans certaine langue germanique (danois ?) ou scandinave (influence du normand sur le français)).

Pourquoi dit-on : onze, douze, treize, quatorze, quinze, seize ? Alors que si ça venait directement du latin on aurait un 'd' à la place du 'z'. Ça ressemble au breton : unanzek, daouzek, trizek, pevazek, ... etc... dans lequel le 'z' vient naturellement par mutation du 'd' de deg.

Enfin, lorsque vous constatez une similitude entre le breton et le français. Jettez un coup d'oeil dans le gallois pour voir si c'est pareil. Dans ce cas on peux penser que ça vient du celtique gaulois vers le français. Sinon se doit être du français vers le breton.

(Le gallois a plutôt été influencer par l'anglais)

RE: qui peut aider une autrichienne?
Capitaine Muzo, 2000-03-10 15:56:25
Hou là là! Ça fait beaucoup de questions d'un seul coup.
Pour ce qui est de ONZE, DOUZE, etc., ces mots suivent la loi phonétique normale d'évolution du latin au français.
En essayant de représenter ça avec les caractères disponibles au clavier (pas facile!), on a:
ùndecim (classique) -> ùnd(e)çi(m) (bas-latin) -> unze (vieux-français, XIIe s. env.) -> onze (moyen français et français moderne).

Pour ce qui est de la numération vigésimale (par vingtaines), elle était beaucoup plus générale en français médiéval où, après "cent", on avait "onze vingts", "douze vingts",... D'où l'Hôpital des Quinze-Vingts (= 300) à Paris. Dans les manuscrits, ces nombres sont écrits [je mets entre parenthèses les lettres qui sont, en fait, inscrites en exposants]: XI(xx), XII(xx), etc.

Pour ce qui est des survivances du gaulois en français, et des emprunts au breton, j'ai ça, mais pas sous la main. J'y reviendrai.

Capt. M.

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